Traversées

Déambulation pour la rue à bord d’un piano-bateau

Peut-être rêvons-nous d’un théâtre de la traversée du monde.

Périne Faivre

L

e 12 mai 2020 (lendemain d’un jour de déconfinement pluvieux), nous décidons de traverser notre village avec le piano roulant, un panier rempli de livres de poésie et des fleurs dans les cheveux. Comme une urgence à faire entendre des mots, des sons, reprendre contact avec nos voisins en musique, en poème, en déambulation dans la rue.

Par la suite, nous continuons. Une fois par semaine, jamais le même jour, jamais à la même heure et sans autorisation. Parfois pour les humains, d’autres fois pour la nuit, la pierre, la terre. Nous invitons nos amis artistes à se joindre à nous : Moreno et ses pinceaux, Séverine Fel et Elise Chatelain de la compagnie Le Plus Petit Espace Possible avec trombone et tuba, Nicolas Fayol et son corps et sa danse.

Nous traversons pour une forme de réenchantement, nous traversons au nom de la nécessité de l’art, nous traversons pour ne jamais abandonner l’espace public comme lieu de vie, de rencontres, de débats et d’expression artistique, nous traversons pour ne pas abandonner la rue au silence.

Quelques semaines plus tard, l’équipe de Pronomade(s), Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public en Haute-Garonne, compagnon de la compagnie, réfléchit elle aussi à ne pas abandonner l’espace public. Alors qu’elle a annulé toute sa deuxième partie de saison d’août à novembre, elle propose à plusieurs compagnies des cartes blanches. Nous proposons de traverser une partie du territoire du Comminges avec notre piano-bateau, notre panier de livres et embarquons avec nous la Fanfare d’Occasion de la compagnie Le Plus Petit Espace Possible, Lucile Corbeille, photographe et plasticienne, et nos enfants musiciens. Cinq jours de marche, sous le soleil de cette fin d’été 2020, cinq jours de rencontres avec des humains, des lieux, des arbres, des chevaux et des oiseaux, cinq jours sans barrière ni entrave ni plot en béton ni policier, cinq jours de liberté dans la rue.

A la rentrée, nous traversons encore quelques villes et villages du Clermontais, territoire du Théâtre le Sillon, autre ami. Traversées annonciatrices du retour, fragile, de l’art dans la vie des gens.

Aujourd’hui, nous réfléchissons à ce que peuvent devenir ces Traversées, afin de trouver le juste endroit de leur nécessité.

Pousser le piano
Danser debout
Souffler le tuba et le trombone dans les lauriers
Peindre la route
Lire à la fenêtre
Jouer derrière une porte fermée
Fêter un anniversaire en bas d’un escalier
Chanter à la lune
Voir un portail s’ouvrir
Aller au fond du lotissement
Remonter le temps et trouver l’essence de l’art.

Salagou – Mai 2020

DISTRIBUTION

Sur une idée de

Périne Faivre, Renaud Grémillon, Julie Levavasseur et Karin Bösiger

Collaborations artistiques

Séverine Fel, Elise Chatelain, Moreno, Nicolas Fayol, Jean-Marc François, Baptiste Sarat, Lucile Corbeille, Lila, Louise et Manek

Vidéos

Karin Bösiger

© Photos : Photos : Lucile Corbeille (damier 1 et photo grand format), Christine Royer (damier 2 : 6-12), Karin Bösiger (damier 2: 1,2,3,5), Marie Poitevin (damier 2 : 4)

La compagnie est conventionnée par le Ministère de la Culture – DRAC, Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie / Pyrénées- Méditerranée (2019-2021) et la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée (2018 – 2021)

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