Les projets de territoire

Paroles de Salagou

Pour écouter les carnets sonores "Paroles de Salagou", c’est par ici !

"Paroles de Salagou" a été un projet de territoire proposé en 2009 à l’occasion de la commémoration des 40 ans du lac du Salagou, lieu de vie de notre compagnie.

Nous l’avons imaginé et réalisé avec la manufacture des paysages (lieu citoyen de questionnement critique et constructif et de propositions alternatives face aux automatismes dans l’aménagement de nos territoires) et Sophia Lindsay Burns (peintre).

L’idée était de créer ensemble un lieu itinérant d’échanges et de sillonner les petites communes de la Vallée pour rencontrer les habitants (les anciens et les nouveaux), les visiteurs, les adultes et les enfants et recueillir leurs perceptions du lac et de la Vallée. Par le biais d’interviews et d’une exposition, les habitants ont pu partager leurs souvenirs, leurs perceptions du présent et leurs questionnements pour l’avenir.

Un carnet de voyage a été présenté sous la forme d’une exposition sonore et visuelle les 23, 24 et 25 avril 2010 à Lodève.

« Paroles du Salagou » - vu par ...

« Une semaine plongé dans un bain de jouvence. J’ai mis en pratique des idées enfouies en moi depuis 40 ans et répondu en partie à une question récurrente : comment faire participer les citoyens à la vie de la cité ? Il m’a fallu 40 ans pour m’apercevoir qu’il suffisait de mettre des post-it et des crayons à côté des affiches et inciter les visiteurs-acteurs à réfléchir, réagir, proposer, s’exprimer en donnant leur avis sur le devenir du site dans 40 ans ! Certes, tous les habitants des villages visités ne se sont pas jetés sur les crayons et sur les panneaux même après avoir été rameutés à grands coups de trombone et d’accordéon. Mais quand même il en est venu du monde, de l’habitant du coin au touriste étranger en passant par le pêcheur amoureux de son lac. Il y en a eu des coups de crayons qui partaient tous dans le même sens, et c’est tant mieux. Super les animatrices et stagiaires de « La Manuf », grâce à leur modernité, je me dis que décidément, tout n’est pas perdu ! » Serge Ricot

« J’étais très curieuse de voir comment l’échange allait naître ? Quelles formes allaient prendre les débats ? Avec quelle pudeur les entrevues allaient être menées ? J’ai retenu trois principes clés. Tout d’abord, la simplicité et la convivialité : venir là où les gens vivent ; poser trois chaises pour prendre le temps de l’échange, du souvenir ; un coin d’enregistrement un peu à part pour laisser libre cours à la parole de ceux qui auraient envie de raconter ce lien intime avec le lac. Et puis, il y avait aussi la citoyenneté. Pour ceux qui se sont déplacés, le fait de venir était déjà un acte responsable, mais participer aux entrevues et réagir aux débats sur l’avenir, c’était aller plus loin. Il n’est pas courant de s’entendre poser la question de notre lien à notre environnement. Que quelqu’un s’y intéresse. Qu’on y pense tout simplement… Finalement, ça nous relie plus encore à lui et exprimer ce lien que l’on tisse avec son lieu de vie c’est contribuer à l’élaboration d’une mémoire collective. Mieux encore, les Arts Oseurs à travers le théâtre vont s’en emparer pour lui donner un sens plus fort en la considérant comme une source d’inspiration, d’émotions et d’émerveillement. Cet événement devrait donc contribuer à l’élaboration d’une culture locale vivante… » Mireille Costesec