La compagnie

Les anciens éditos

Fin novembre 2016,

Ça y’est, je l’ai vu, je l’ai fait, je l’ai vécu... une RE-SI-DEN-CE de CRE-A-TION AR-TIS-TIQUE.

Je me suis glissée dans la voiture de notre chère et tendre chargée de production, guidée par ma curiosité, mon envie de voir de l’intérieur les artistes de la compagnie en pleine recherche, création d’un spectacle. Envie de voir ce qu’il y a physiquement de l’autre côté des contrats de co-production auxquels j’appose régulièrement mon autographe. Envie de retrouver l’équipe qui me manque, arpentant la France pour créer. Alors, m’y voilà, en route pour Encausses-les-Thermes (31). J’allais faire d’une pierre deux coups, vivre l’aventure artistique des Tondues et découvrir les fameux Pronomade(s). L’excitation était à son comble... surtout que je m’octroyais 4 jours de déconnexion de mon monde, là où le téléphone portable reste silencieux et la connexion internet est capricieuse....

A peine arrivée, plongée direct dans l’ambiance - « A table ! »- autour de l’immense table en bois depuis laquelle on voit Bernard s’activer aux fourneaux... et là, la réalité rejoint la légende, et oui, on se régale, foisonnement de saveurs de la bouche, de quoi réchauffer les cœurs dans les moments de doutes artistiques... Car il y en a, palpable dans l’ambiance. L’équipe est là pour nous accueillir et en même temps je sens que ça turbine dans les têtes et dans les corps.

Nous sommes à 2 jours de la sortie de résidence, des questions se posent : faut-il prendre des risques, tester encore des choses et en même temps dévoiler les fragilités ? Ou au contraire, rassurer, les autres, soi-même, l’équipe, montrer ce qui s’installe, et accueillir les retours du public ?

Alors, à la fois dedans et dehors, j’essaie de trouver la place juste, soutenir, être utile, me faire petite... Allez, c’est parti pour le tour des voisins ! « Bonjour Madame, cela ne vous dérange pas si vendredi, une scène se joue sur ce terre plein, qui vous appartient ? Monsieur, serait-il possible de coller sur le mur de votre grange des grandes silhouettes en papier ? Colle végétale ! Disparition garantie ... ! » Car les voilà, ces dames blanches, ombres sans cheveux dans le village. Dans le stress des derniers jours, elles m’apparaissent bienveillantes, prenant, au milieu de la rue, les comédiens dans leur giron. Et oui, Paul et Sophia s’activent, donnant corps aux tondues de jour comme de nuit, sous l’abris-bus, sur les murs ou parapets. Et v’là ti pas que la compagnie est convoquée au commissariat « Madame Faivre, savez-vous ce que signifie « AntiFa » ? Et Monsieur Gremillon, connaissez vous la signification de ACAB... » Durant la résidence, la toute nouvelle place a été taggée peu avant son inauguration. Et à l’heure d’aujourd’hui, des artistes qui investissent l’espace public deviennent vite suspects … Enfin, on s’en serait passé, au final, on en a bien ri... Un peu plus et l’on appelait l’ambassade d’Ecosse...

Retour aux thermes. Ça s’active dans l’immense studio, dans l’atelier, dans le salon autour des textes... Et dans les rues... Filage avant la sortie de résidence, je découvre les premières scènes du spectacle. Nouveauté de novembre, le piano dans le parc, le piano sur la place, le piano parmi nous, hors des salons et salle de concert... 1 h avant la sortie publique, voilà ces femmes qui ont osé se prêter au jeu de parler d’elles, de leurs cheveux, de passer de l’autre côté, pas celui du spectateur, l’autre. Et puis, c’est là, lettres distribuées. Ouvertes de suite ou serrées dans la main. Frissons. Coeur battant. Estomac noué. Mes antennes aux aguets, je scrute les réactions des lycéens venus voir la sortie de résidence, des aficionados de Pronomade(s) et autres témoins de cette aventure.

L’émotion est là, pas toujours mise en mots notamment lors du moment de rencontre à la fin.

Vendredi soir, le mercredi midi me semble loin, tant l’intensité était là. Vendredi soir donc, nous trinquons à cette aventure, à ces montagnes russes, aux Tondues.

Vendredi je me dis que je suis fière de connaître cette compagnie, que l’art est une bouffée d’oxygène dans cette asphyxie collective. Samedi rangement et chacun reprend sa route. Jusqu’à la prochaine résidence. Rendez-vous dans quelques mois à Clermont-l’Hérault pour la première. Bravo pour l’aventure. Bravo à toute l’équipe.

Aude (présidence des Arts Oseurs)

J’écris comme on se venge :
- le 17 décembre vers 15h - à la salle polyvalente du Centre social Nicolas Gabino à l’Ile de Thau, Sète (34) avec Magyd Cherfi.
- Mercredi 1er février 2017 - Béziers (34) - Collège Maurice et Katia Krafft
- Dimanche 5 février 2017 - Montpellier (34) - Maison pour tous Léo Lagrange

Les Tondues (création 2017)
- le 1er avril 2017 - Le Sillon - Clermont l’Hérault (34)