La compagnie

Les anciens éditos

Le 8 février dernier, nous jouions "J’écris comme on se venge" à la Maison d’Arrêt de Brest, un projet porté par Le Fourneau (Centre National des Arts de la rue), la Ligue de l’Enseignement et Les Arts Oseurs.
Pendant les 7 jours qui ont suivi, Moreno et Sarah Fourage ont mené des ateliers d’arts plastiques et d’écriture autour de l’univers de Magyd Cherfi, avec les détenus.
Aujourd’hui, a eu lieu la "restitution", une pluie de dessins, peintures, petits et grands formats ont recouvert couloirs et murs de la prison. Des couleurs, partout, comme une grande chaleur. Une partie des textes écrits ont été lu. De la poésie, partout, comme une grande chaleur.

Voici le témoignage de Sarah Fourage :

« Croquer » le portrait de son voisin. Regarder l’autre dans les yeux. -
Exprimer sa colère. Évoquer l’amour. Peindre. Tirer un mot au sort.
Détourner un proverbe. Écrire une phrase au futur. S’emparer du « Nous ». 
Ils sont là, présents. 
Ils disent que ça leur « fait du bien », que ça les « détend ». 


Chaque jour on vient à eux avec cette petite angoisse : combien seront-ils aujourd’hui ? Et s’ils ne revenaient pas ? 
Ils sont là. 
On s’apprivoise. On ose sourire puis rire un peu. 
Mais la prison c’est sérieux. Sérieusement difficile d’écrire sur demain, sur l’avenir, sur le rêve de sa vie. Vie fêlée fêlure d’enfance, de confiance. 
Ils demandent du « je », ils demandent un regard singulier. 
Nous essayons, à l’aide de stylos et de pinceaux, de barrer la route à ce temps qui ne passe pas, à nos indifférences, d’élargir les frontières de notre tolérance à celui qu’on ne connaît pas."